5 Granville

 Mes notes et mes évaluations à Valognes baissaient dangereusement. Je me maintenais grâce à la gentillesse des filles de mon étude à qui ‘’j’empruntais’’ leurs devoirs. Il fallait bien combler les trous immenses de mon emploi du temps passés à jouer avec Daniel.
Par chance arriva mai 68.

Une désorganisation totale, plus de notes, plus d’évaluations. Plus rien. Je n’avais pas dit à papa que ça allait si mal si bien qu’il m’emmenait toujours les lundis matins à Valognes. Nous ne parlions toujours pas dans la DS.

Au lycée, il y a d’abord eu la désertion des externes, puis la désertion des profs. Nous avions le lycée pour nous. Je pouvais jouer de la guitare quand je voulais. Je dis : je, parce que Daniel restait chez lui, il s’y sentait bien.
J’étais souvent avec une fille très amoureuse de moi, moi moins d’elle, à son grand regret. 

Mi juin, fin des classes, mes parents m’annoncent que nous allons probablement déménager à Granville la rentrée prochaine. Cette nouvelle chamboulera mon petit univers.

Plus de virées à Cherbourg, je ne verrai plus Daniel, inscrit au lycée professionnel d’Octeville, dans la banlieue de Cherbourg ! Mes parents ont eu peur que je tombe malade.
Pas loin, mais j’ai quand même fait une grosse déprime…


Toute la famille s’est retrouvée en HLM, sur les hauteurs de Granville, en attendant mieux. Mes parents, Vincent le petit dernier, François, Catherine et moi dans 90 m2.

Heureusement, ma chambre était au fond du couloir, la plus éloignée du périmètre de mon père. Je la partageais avec François. 
Nous allions devenir complices. Petit à petit je lui dévoilais mon monde et lui le sien.

François dessinait, moi je jouais sur ma Lespaul Gibson. Cette guitare, nous avions été l’acheter, papa et moi, à Pigalle. Dans Rock & Folk, magazine découvert récemment, une publicité Paul Beuscher en pleine page exhibait toujours deux magnifiques Lespaul : l’une gold top (pailletée jaune or) et l’autre noire (dite Custom). J’avais choisi la gold top.

Mes parents profitèrent des vacances de Noël 68/69 pour que toute la famille puisse rendre visite à ma Grand mère paternelle récemment devenue veuve et résidant maintenant chez sa fille Henriette à Carbon Blanc, dans la banlieue de Bordeaux.

Lors d’une promenade dans la rue Ste Catherine maman m'acheta, sur mon insistance, une redingote bleue, qui ne me quittera plus, de boots rouges et de deux disques : Electric Lady Land de Jimi Hendrix et Soft Machine 1

Mon oncle Robert, sorte de Guy Marchand enjoué, mari de ma Tante Henriette, qui elle, ressemblait plus ou moins à Sophia Loren versus “La Comtesse de Hong-Kong”, faisait de la radio amateur. Il profita de mon disque d’Hendrix, c’est celui que j’avais choisi, pour nous faire aussi entendre la qualité de son matériel Hi-fi. Il mit donc le disque fort. Imaginez mon désarroi devant la tête de mes parents, d’Henriette et de ma grand mère quand ils ont découvert ce que j’allais écouter dans ma chambre. Heureusement qu’ils n’ont jamais vu ce qu’Hendrix faisait en même temps avec sa langue : j’aurais été mort de honte.

De retour à Granville je découvris Soft Machine 1 acheté sur la critique élogieuse d’un journaliste de Rock & Folk.
Les vingt secondes de l’interlude de Why Am I so Short (10:13/10:28) vont changer ma vie !
D’un seul coup et violemment surgissait le monde hypnotique de la musique répétitive inspirée par le courant minimaliste américain, qui tiendra (et tient encore) tant de place dans mes références musicales. Je pouvais me passer ces vingt secondes jusqu’a dix fois de suite ! Il faudra attendre Soft Machine Third et Fourth pour entrer vraiment dans le monde des harmonies complexes, sources intarissables de beauté et d’inspiration…

Je fis découvrir Soft Machine à Jean Emile, avec lequel j’avais gardé des relations épisodiques. On se voyait chez lui. Il aima assez. Néanmoins sa référence restera toujours Bob Dylan auquel il vouait un culte touchant.

Il dégotta, par je ne sais quel mystère, notre participation au premier Festival pop de Cherbourg en mai 1970.
L’affiche :
- Nashville (notez le nom raccourci)
- Introversion
- Ange
- Martin Circus

Je n’ai rien de particulier à dire cette fois-ci sur notre prestation, je ne me rappelle pas avoir eu ce trac que j’aurai malheureusement plus tard lors de concerts importants. Peut-être parce qu’on était à Cherbourg. C’était donc juste la routine habituelle. 
J’avais pourtant vu les roadies du groupe Ange sortir, non sans mal, les deux orgues de leur camion et les deux frères Descamps, têtes de proue du groupe, se chauffer les doigts pour la balance ! Je les avais d’ailleurs trouvé moyens. 
Mon regard avait changé sur eux quand j’ai vu à quel point ils arrivaient à capter leur public et faire d’une prestation techniquement banale un moment inoubliable pour leurs fans. Ils avaient déjà un sens aigu de la dramaturgie.

Introversion, eux, fricotaient avec Pink Floyd dont ils reprenaient quelques morceaux d’une façon assez convaincante. Je me rappelle avoir entendu une très belle version de Be Careful With That Axe, Eugene.
En rôdant dans les coulisses j’avais aperçu les Martin Circus, vedettes du festival. Le saxophoniste se chauffait les doigts lui aussi. J’étais subjugué. Ayant senti mon intérêt pour ce qu’il faisait il s’était mis à déballer des phrases entières de thèmes de Frank Zappa, musicien que je venais de découvrir. Je ressentis pour la première fois ce petit air de supériorité parisienne.
Le soir, leur prestation fut très variétoche… 

J’ai revu beaucoup plus tard (en 79) le clavier du groupe cachetonner derrière Plastic Bertrand dans une soirée pop ringarde en Dordogne. Je faisais, là aussi, la première partie avec mon groupe de bal. Grandeurs et vicissitudes du musicien, fut-il parisien.

Le véritable intérêt du festival était surtout d’avoir vérifié de mes propres yeux l’ampleur du phénomène “groupie”. Comme partout ailleurs lors de concerts pop, telle une génération spontanée, elles sortaient de partout et s’agglutinaient autour des musiciens les plus en vue. Même à l’échelle cherbourgeoise le mouvement était impressionnant. Le code vestimentaire était long manteau en daim ouvert devant, et panty en dentelle blanche, sexy à mort.
Les intellectuels de la télé n’avaient pas menti, il s’agissait bien d’un phénomène de société…

La dernière fois que je vis Jean Emile ce fut à l’occasion d’un concert que nous avions trouvé au Lycée Agricole de Coutances, peu de temps après le festival. Le concert se déroulerait de la manière suivante,  première partie : Jean Emile seul au piano droit électrique, sa toute nouvelle acquisition, deuxième partie : le trio avec Daniel, Jean Emile à la basse et moi, jouant une longue suite de ma composition restée sans titre qui reprenait toutes mes influences de Soft Machine ; en quelque sorte une première aussi… Ce premier morceau est d’ailleurs resté non écrit bien que je me rappelle encore aujourd’hui le thème principal. 
La première partie a failli mal tourner car Jean Emile s’était mis en tête de jouer “free” d’une manière radicale, façon Cecil Taylor, déroutant complètement les élèves qui commençaient à remuer et grogner d’une façon dangereuse. Il m’a expliqué après le concert qu’il avait essayé de les calmer par une suite d’ accords  majeurs complètement consonants et “forte”. Pas sûr qu’il ait vraiment réussi. Ma Suite à moi s’est déroulée sans anicroches, mais j’avais pris une claque avec la musique de Jean Emile, musique atonale pour piano qui n’arrêtera pas de me fasciner toute ma vie.
Je me rappelle du coup la dernière mésaventure qui nous est arrivée, à Daniel et moi, a propos de Jean Émile, juste après ce fameux concert “free” de Coutances. 
Il avait trouvé un plan pour le trio et signé avec le comité des fêtes de Périers, un bled de 1500 habitants, situé à mi distance entre Granville et Cherbourg. Nous devions assurer la soirée dansante de la fête du village. Hormis nos dernières “expérimentations”, nous ne savions jouer que du blues. La GS de papa nous déposa, Daniel, la Lespaul et moi vers 17 heures sur la place du village, Jean Émile et tout le matériel devaient descendre de Cherbourg avec avec un copain à lui possédant une voiture. 19 heures, toujours pas de Jean Émile. Les gens du comité commençaient à venir s’enquérir de la situation auprès de nous d’une façon de moins en moins amicale au fur et à mesure que l’heure tournait. 20 heures, ça commençait vraiment à sentir mauvais, Daniel et moi décidâmes de nous carapater, comme des voleurs, à l’autre bout du village, direction Granville, où nous avons été pris heureusement en stop rapidement. Nous n’avons jamais su comment s’était passée la fin de soirée à Périers puisque nous n’avons jamais revu Jean Emile depuis.




Lycée Ferdinand Buisson, Granville, 1969.
Un nouveau lycée, à 16 ans c’est très dur, mais on s’y fait très vite. Nouvelles têtes, nouveaux camarades. 
J’étais en seconde littéraire, comment Sylvain et moi sommes devenus amis, je ne saurais dire.
Un humour largement au dessus de la moyenne. Une pointure en histoire (Je l’ai vu rendre sa copie au bac, un vrai livre, note : 20) je l’ai vu aussi mettre les profs souvent en difficulté, il est pourtant gentil Sylvain, mais on ne badine pas avec l’exactitude. Ses deux spécialités : la deuxième guerre mondiale et les avions. Vous l’aurez compris, j’aimais beaucoup Sylvain.

C’est peut être par lui que j’ai connu Lapin, je n’en suis pas sûr, mais ce qui est sûr c’est que la copine de Lapin était dans ma classe ! 
Imaginez une Joan Baez de 17 ans, cheveux à l’indienne avec une jupe et une veste à franges en daim, c’était Woodstock à elle toute seule, la fille la plus jolie des alentours : mais elle était pour Lapin.

Lapin est guitariste et pas n’importe quel guitariste, le meilleur de la région, tout le monde le sait. 
Il a un petit problème de diction avec les s mais cela rajoute au charme. Lapin connait Boto, mais Cherbourg est à 120 km, chacun chez soi.
Lapin est professionnel. Il gagne sa vie en jouant de la guitare. Il fait les bals, il a une SG standard Gibson avec un gros vox (tu comprends : ssa a le sson !)

Lapin sera mon mentor pour les années à venir.

À la maison la cohabitation avec François est fructueuse. 
Ce qu’il fait en dessin est de mieux en mieux, très vite il se met à l’huile. Le premier tableau dont je me souviens représente des guêpes sur fond vert. 
Notre chambre commence à sentir fortement l’essence de térébenthine, j’ai envie d’essayer aussi la peinture.






Je n’oublie pas la musique, loin de là. 
La Lespaul n’est pas branchée, je n’ai plus d’ampli. Je n’en ai pas besoin, jouer en sourdine est parfait en HLM. 
Cette guitare me porte chance. Je commence à trouver des accords inhabituels que j’arrive à relier entre eux pour former des petites mélodies. 
Une petite cellule d’accords trouve même un titre : Calèche. Je viens de trouver un système de composition qui, plus ou moins, sera celui des nombreuses années à venir.

Un jour je dis à Sylvain :
- je fais de la guitare
- non, c’est pas vrai !
- si ! Je compose des morceaux, veux tu venir les écouter à la maison ?

Je lui joue Calèche, c’était à mon tour d’épater Sylvain.





François, qui a quatre ans de moins que moi, avait sa vie propre au collège Ferdinand Buisson. Il faisait partie d’une bande de quatre camarades qui se voyait en dehors des cours. Ils étaient plus politisés que moi, un vent de contestation post 68 d’extrême gauche se faisait sentir sur les esprits plus jeunes… L’un d’eux, Jean Pierre me fera découvrir plus tard : Ralph Towner with Glenn Moore Trios/Solos.

Ma révolte à moi consistait à voler des disques. Pratique. Des doubles, tant qu’à faire. Je ne pourrai pas justifier autrement la possession de plusieurs doubles albums dans ma discothèque naissante :
- Uncle Meat (Frank Zappa)
- Bitches Brew (Miles Davis)
- Blonde on Blonde (Bob Dylan)
Third de Soft Machine, je l’ai acheté, pas question de prendre des risques avec celui là.

On parle beaucoup musique, il est temps de parler peinture.

Le dernier étage de notre résidence HLM était occupé par un couple de retraités assez âgé, Mr et Mme Cauchy.
Mes parents les avaient rencontrés à la messe de l’église St Paul. 
Mr Cauchy avait fini sa carrière en tant que chef d’atelier à la Manufacture de tapisserie des Gobelins, à Paris. Lui et sa femme étaient venus passer une retraite paisible à Granville. 
Ils ont très vite appris que François faisait de la peinture. Il se trouve que Mr Cauchy est lui même artiste peintre. 
Toute la famille fut conviée à prendre le thé et les petits gâteaux chez madame Cauchy. 

Avant le thé et les jus de fruits Mr Cauchy  voulut nous faire visiter leur appartement. Dans le salon, à moins que ce ne soit dans leur chambre à coucher, il nous fit découvrir son portrait et celui de sa femme réalisé en tapisserie ! 
La suite de la visite se révélera  plus intéressante. Des petits formats de Georges Braque,  Hans Hartung, Georges Mathieu… décoraient les pièces et le couloir, cadeaux des artistes au chef d’atelier. 

Mr Cauchy pourrait aider François.
François est allé longtemps chez Mr Cauchy. 
J’ai pris quelques cours aussi, en compagnie de François, au dernier étage, mais je n’étais pas aussi motivé et assidu que lui. Je ne voulais pas non plus que Mr Cauchy  prenne ombrage de nos fous rires. J'avais commencé, sous son autorité, à faire un travail sur le thème du chantier. Je me suis retrouvé au beau milieu de mon dessin avec des bons hommes ressemblant fortement aux travailleurs de Fernand Léger. Le dessin est resté inachevé... 





Je n’en ai pas fini avec notre résidence HLM. Le rez-de-chaussée était occupé par une famille qui possédait un poste de télé avec les deux chaines. Mes parents ont toujours trainé les pieds avec la télé. Devant la télé j’ai toujours vu maman faire du tricot en lisant le journal.

Sur la deuxième chaine il y avait Pop 2, comme son nom l’indique. Direction le rez-de-chaussée.
Une forte odeur de pisse nous accueillait sur le pas de la porte, le petit dernier faisait pipi au lit et manifestement la machine à laver ne pouvait pas fournir ! C’est dans cette odeur que François et moi avons découvert nos musiciens favoris en concert : Frank Zappa, Yes, Soft Machine, Magma etc.

Avec le temps Lapin et moi sommes devenus assez proches pour que je puisse jouer devant lui et lui parler de mes envies. L’été pendant la semaine, je savais où le trouver : au Plat Gousset avec sa copine, la plage chic près du casino, où il jouait quelquefois.
Un jour, Il me fait cadeau d’ Extrapolation de John Mc Laughlin, avec John Surman.    
- Tiens Jean, toi, tu joues plus moderne, moi, j’y arrive pas.
Lapin c’était plutôt Santana. 

Outre son petit défaut de diction Lapin déformait souvent la fin des mots, sciemment. Il était très créatif à ce petit jeu. Menuisier devenait menuiso etc.
J’ai toujours aimé ce petit côté langage alternatif qu’on trouve souvent chez les musiciens…

Il m’a donné aussi un très bon conseil. 

- Ssi tu veux pas te faire avoir un jour, apprends le ssolfège, j’ai fait un remplacement chez Emilio Corfa, fallait asssurer à la partition, maintenant je prends des cours chez Mme Hammel : elle vient de m’esspliquer les triolets, ssuper !

Aussi sec je prends rendez vous avec Mme Hammel. Elle avait son appartement dans une rue qui monte à la vieille ville. Madame Hammel était une vieille fille restée fleur bleue. Elle était très âgée et donnait des cours de solfège pas cher pour survivre.
La leçon commence : do-si-fa-la-ré etc. Tout d’un coup je la vois soulever une soucoupe posée sur un bol et évacuer un crachat qui ira rejoindre un amas vert au fond du bol.
Lapin ne m’avait pas tenu au courant. 
Tact.


La maison que mes parents avaient décidé de construire était prête, elle se situait à cinq cent mètres du HLM. 
François et moi, cette fois-ci, avions des chambres séparées dans le grenier au premier étage. J’avais récupéré dans ma chambre la petite chaîne hi-fi Telefunken que nous avions lui et moi au HLM,  pour écouter Fourth, de Soft Machine, de façon quasi maladive, particulièrement Virtually, morceau occupant toute la seconde face. 

Les samedis soirs maintenant, je jouais dans un orchestre de bal de Villedieu les Poêles, suivant les traces de mon mentor. Je me débrouillais, j’avais relevé tout Sgt. Pepper d’oreille, la variété française ne me faisait pas peur. Du répertoire de l’orchestre je ne me souviens que de Samba pa ti de Santana et de l’hymne national de 1972 Une belle histoire de Michel Fugain.

Après ma première année de terminale et mon échec au bac,  je suis parti en juillet comme moniteur au centre de vacances de la Mobil-Oil, à Dole dans le Jura. Je suis tombé amoureux de la monitrice qui travaillait avec le même groupe d’enfants que moi. 
Le seul moyen que j’avais trouvé pour lui déclarer mes sentiments fut de lui racheter dans des proportions invraisemblables la noix de shampoing que je lui avais emprunté. 
La dernière soirée, la directrice m’a invité à jouer sur une guitare qui trainait par là. J’ai joué Calèche. Cette fois là aussi, le morceau fit belle impression. 
  
Je commençais à collectionner les idées trouvées sur ma guitare, que je pouvais maintenant  écrire grâce aux fameuses leçons de Mme Hammel. 
C’étaient essentiellement des  boucles d’arpèges. J’imaginais déjà des mélodies, en les chantant, pour venir rompre la monotonie des boucles. 
Je venais de trouver en partie mon style. J’ai demandé au saxophoniste/clarinettiste jouant dans mon groupe de bal de venir essayer les mélodies à la maison. Il est venu un dimanche avec sa copine Marie Christine. Nous avons joué mes partitions dans le grenier.
Ce jour là j’ai compris que je passerai le reste de ma vie à chercher des mélodies. 

Avec tout cela, il restait toujours très peu de temps et de motivation pour les devoirs d’école. 
Arriva ce qui devait arriver : un échec retentissant à mon deuxième bac avec notamment un 0,5 en maths, à l’oral de rattrapage, qui ébranla un peu plus, si besoin était, la certitude de mes parents de me voir entrer à l’université. Une autre année passée sans Sylvain à Ferdinand Buisson n’aura rien fait. Je n’irai jamais à l’université !

Les relations avec papa devinrent glaciales. Maman lui avait elle parlé de nos grandes conversations sur mon avenir où je me voyais suivre les traces de Lapin ? 
Je n’en suis pas sûr, d’ailleurs je n’aurais pas aimé non plus qu’elle lui en parle.


En tout cas les deux échecs successifs au bac alimenteront des frayeurs nocturnes récurrentes, même encore aujourd’hui. 





                                                                                                                 

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